Le début de la fin

La dernière ligne droite de l’humanité vient de sonner le glas.
Peu à peu, jour après jour, les humains se soulèvent un peu partout, conscients de leurs derniers instants à vivre sur cette terre.

Les plus rêveurs se projettent encore dans un avenir, les plus moins désespérés se projettent dans une fin digne. Mais ceux qui ont encore un soubresaut de vitalité sortent de chez eux pour entamer cette dernière course.

Le combat est perdu d’avance, mais il ne freine en rien l’ardeur des éveillés de la dernière heure.
Mourir le gilet à la main plutôt que les doigts sur le clavier, affronter les chiens enragés plutôt que l’écran hypnotique, crier sa rage dans la rue au lieu de pleurer dans son coin, c’est ceux-là qui font gronder le tonnerre.

Ils sont une minorité et le resteront. Mais ils se seront libérés des chaines de l’asservissement. Ils seront vivants les derniers instants de leur vie.
La rage de vivre fait sortir.
La peur de mourir fige entre quatre murs.
La peur de perdre ce qui ne nous appartient qu’illusoirement empêche de franchir la porte.
La vie, bruyante, criante, rageante, effraie les séquestrés du silence.

J’ai choisi la vie et pour une fois, elle donne du sens à ma rage.
J’ai choisi la rue avec sa terreur et sa violence.
J’ai choisi d’être aux côtés de mes semblables, que j’ai cherché désespérément toutes ces années.
Je les ai trouvés.
Je ne les quitte plus.



©image pixabay

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